Quand l’insouciance des divertissements de cour n’est qu’un faux semblant pour certains artistes à la conscience politique aiguisée, il en résulte une musique aussi belle que mordante ! Parmi ceux qui s’opposent à l’ordre établi, citons Haydn qui, en signe de protestation lancé au Duc Esterhazy, demande à ses musiciens de quitter leur pupitre durant l’interprétation de sa symphonie n° 45. Ou encore Couperin qui, en pleine querelle entre les écoles française et italienne, s’inspire aussi bien de l’une et de l’autre sans cesser, insidieusement, de faire danser la cour du Roi Soleil. Et si Ravel et Adès s’amusent à remonter dans le temps pour réinterpréter certaines de ses œuvres, c’est parce qu’ils ont saisi l’acuité de sa musique avant d’en panacher le caractère avec des couleurs plus contemporaines. Parfois, un simple contretemps réunit musique, danse à travers les âges… !
Thomas Ades : Three studies from Couperin
Maurice Ravel : Le Tombeau de Couperin
Markus Brönnimann : création, (8’) Commande du Ministère de la Culture
Joseph Haydn : Symphonie n°45 « Les Adieux »
Bertie Baigent, direction